(A.P.Hawzah) -Le mois sacré de Ramadan offre une occasion unique de découvrir un trésor inestimable de sagesse et de clairvoyance Alawite. Dans le dossier spécial « Nahj au Ramadan », nous vous proposons, chers lecteurs et lectrices, des extraits des enseignements de Nahj al-Balagha, commentés par le Hojjat-ol-Islam Jawad Mohaddesi, expert renommé.
La sagesse n°101 du Nahj al-Balagha affirme :
«لا یَسْتَقِیمُ قَضَاءُ الْحَوَائِجِ إِلاَّ بِثَلاثٍ: بِاسْتِصْغَارِهَا لِتَعْظُمَ، وَبِاسْتِکْتَامِهَا لِتَظْهَرَ، وَبِتَعْجِیلِهَا لِتَهْنُوَ».
« Les besoins des gens ne sont véritablement satisfaits que par trois choses : les considérer comme modestes afin qu’ils deviennent grands, les garder secrets afin qu’ils apparaissent d’eux-mêmes, et s’empresser de les accomplir afin qu’ils soient agréables. »
Autrement dit, répondre aux besoins des croyants ne peut atteindre sa pleine valeur que si trois principes fondamentaux sont respectés.
Parmi les actes les plus nobles — parfois même supérieurs à de nombreuses pratiques cultuelles — figure le fait de répondre aux besoins d’un croyant. Lorsqu’une personne fait face à une difficulté ou à un manque, chacun peut, selon ses moyens, sa position ou ses capacités, contribuer à alléger sa peine et à résoudre son problème.
Cependant, malgré la grandeur de cet acte, il ne devient véritablement parfait et solide que s’il est accompli dans le respect de trois caractéristiques :
1. Considérer son action comme modeste pour qu’elle devienne grande
La première condition consiste à ne pas exagérer l’importance de l’aide que l’on a apportée. Certains, lorsqu’ils rendent service, se persuadent d’avoir accompli un exploit exceptionnel et le rappellent constamment à la personne aidée.
Au contraire, la véritable attitude consiste à dire avec humilité : « Nous n’avons rien fait de spécial. » Si la personne remercie, on répond simplement : « Ce n’était qu’un petit geste. »
Lorsque l’on considère son acte comme modeste, il gagne en valeur auprès de Dieu et dans la réalité. À l’inverse, l’exagération et le rappel constant de la faveur accordée en diminuent considérablement la valeur.
2. Garder le bien discret pour préserver sa sincérité
La deuxième condition est la discrétion. L’une des épreuves morales consiste à résister à la tentation de faire connaître partout les bonnes actions que l’on accomplit. Certains évoquent constamment leurs aides et leurs gestes de générosité, comme s’ils en présentaient la facture.
Pourtant, de nombreuses personnes accomplissent des œuvres admirables dans l’anonymat le plus total. Les traditions rapportent même que lorsque l’on donne l’aumône de la main droite, il faudrait que la main gauche n’en sache rien. Cette image souligne l’importance de la discrétion.
Certains actes religieux obligatoires peuvent et doivent être visibles, car ils font partie des signes publics de la foi — comme la prière ou le pèlerinage. Mais les actes surérogatoires ou les gestes d’aide envers les nécessiteux gagnent à rester discrets, afin d’éviter l’ostentation et de préserver leur sincérité.
Ainsi, lorsque l’on répond aux besoins d’autrui, la deuxième condition pour parfaire cet acte est de le garder secret. Si l’action est accomplie avec pureté et sincérité, Dieu Lui-même en révélera la valeur et l’inscrira parmi les mérites de la personne.
3. S’empresser d’accomplir le bien
La troisième condition est la rapidité. Les bonnes actions doivent être accomplies sans tarder. Lorsqu’il s’agit de répondre au besoin d’un croyant, il n’y a pas de place pour l’hésitation excessive.
Remettre sans cesse une bonne action à plus tard peut ouvrir la porte aux tentations : l’esprit se laisse envahir par le doute,l’occasion disparaît ou l’on finit par oublier.
En agissant rapidement, on évite ces obstacles et l’on ne perd pas l’opportunité précieuse de servir les autres.
Ainsi, selon l’enseignement de l’Imam Ali (as), la pérennité et la valeur des bonnes actions reposent sur trois principes simples mais essentiels : l’humilité, la discrétion et la promptitude dans l’action. Trois clés qui transforment un simple geste d’aide en une œuvre durable et spirituellement féconde.




Votre commentaire